Chansons
Discographie interactive : chants de la Méditerranée.

Corsica
J’ai découvert la Corse presque par hasard — ou peut-être par destin — et elle s’est aussitôt imposée à moi comme une évidence brûlante.
Dès les premiers instants, un sentiment troublant m’a envahie, un mélange d’amour profond et de jalousie silencieuse : amour, parce que ses montagnes, sa mer et sa lumière me rappelaient le Liban d’autrefois ; jalousie, parce que nous n’avons pas su protéger notre propre terre avec la même ferveur. Avec le temps, cette lutte intérieure s’est apaisée. J’ai compris que la Corse n’était ni une échappée, ni un refuge, mais le prolongement naturel de mon amour pour le Liban, comme si deux rivages éloignés partageaient la même âme.
Une terre sœur, animée par une force tellurique semblable, une fierté indomptable et une mémoire enracinée dans la pierre et le chant.
J’ai exprimé cet attachement pour la première fois à travers la musique, en revisitant le titre emblématique Corsica de Petru Guelfucci, comme on confie un secret au vent — à mi-chemin entre l’hommage et la déclaration d’amour.
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À l’Altru Mondu
J’ai produit et interprété, en duo avec le ténor Charles Eid, la chanson À l’Altru Mondu, une œuvre diffusée à l’échelle internationale en hommage aux victimes de l’explosion du port de Beyrouth du 4 août 2020.
En la chantant, je pensais aux cœurs déchirés des mères, à ces silences lourds où l’absence d’un enfant résonne plus fort que tous les cris. Je l’ai imaginée comme un voile de tendresse posé sur leurs épaules meurtries, un souffle de lumière dans la nuit de leur deuil.
Cette chanson donne voix à un enfant s’adressant à sa mère depuis le Paradis ; une voix qui traverse l’invisible pour apaiser l’inconsolable et semer une étincelle d’espérance : « Maman, ne t’inquiète pas, je suis dans les bras du Seigneur. »
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Sintineddi
En 2019, le Liban est frappé de plein fouet par une crise économique sans précédent, dans un contexte de soulèvement porté par un peuple meurtri, épuisé par des années de corruption et animé par une soif profonde de liberté. En quête de dignité, il aspire à se libérer des carcans idéologiques de la théocratie des mollahs et à reconstruire son identité.
Pour exprimer ma révolte, j’ai choisi la chanson Sintineddi (Les Sentinelles), en duo with Jean-Charles Papi, à laquelle j’ai associé un texte de Gibran Khalil Gibran en arabe littéraire, afin de rappeler que les véritables sentinelles sont les citoyens conscients et engagés, ceux qui œuvrent à préserver l’identité d’un pays en faisant de l’éducation le dernier pilier de notre civilisation.
Face à l’apathie de l’État et l’effondrement des institutions, les sentinelles du Liban se sont levées. Elles se soutiennent mutuellement, convaincues que leur combat est commun : préserver l’avenir d’une nation par la transmission de l‘héritage, de la culture et de l’éducation.
Car défendre l’éducation aujourd’hui, c’est défendre le Liban.
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Dio vi Salvi Regina
Dans l’élan des deux jumelages, j’ai choisi de reprendre, avec le groupe polyphonique L’Eternu, l’hymne corse Dio vi Salvi Regina, une prière séculaire adressée à la Sainte Vierge, en y intégrant la langue syriaque ‒ langue ancestrale dérivée de celle du Christ, qui a traversé le Liban, témoin des premiers miracles et des premières paroles de foi.
Cet hymne unit spirituellement et symboliquement deux terres de croyance et de résistance. Elle porte un message à la fois culturel et politique : la Corse et le Liban partagent un destin façonné par l’histoire, les invasions successives et la lutte constante pour la préservation de leur identité.
À travers ce chant, résonne une invocation intemporelle : « Sur nos ennemis, donnez-nous la victoire, et puis l’éternelle gloire au Paradis. »
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Cedrus Libani
Un message de paix de la Corse au pays des Cèdres.
Le Liban, trop souvent champs de bataille malgré lui, demeure vulnérable en raison de sa position géopolitique et des tensions régionales.
Dans un profond élan de solidarité, la Corse m’a offert une chanson originale, écrite par l’attaché culturel de la Mairie de Bonifacio, Alain di Meglio, et composée par Bruno Susini, dont la chanson Hosanna in excelsis, interprétée par Jacques Culioli, a remporté le LIET International en 2008, l’Eurovision des langues minoritaires.
Avec finesse et justesse, cette œuvre raconte l’histoire d’un pays berceau de civilisations qui, malgré les guerres et les épreuves, ne renonce jamais à sa lumière.
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